Don, intérêt et désintéressement
Trois textes décapants d'Alain Caillé sur le don : critique de Bourdieu, relecture de Platon, et discussion avec Derrida. Le sous-titre dit tout : « Bourdieu, Mauss, Platon et quelques autres ».
Pourquoi cette ressource au LED
Caillé n’est pas un commentateur de Mauss, c’est son continuateur le plus rigoureux. Et ce livre — paru d’abord en 1994, réédité plusieurs fois (notamment en 2014 chez Le Bord de l’eau avec Philippe Chanial) — est l’un de ses plus combatifs.
Il y règle son compte avec Pierre Bourdieu, qui réduisait le don à une forme déguisée de capital symbolique maximisable (donc à du calcul). Pour Caillé, c’est trahir Mauss : le don n’est pas un investissement intelligent, c’est ce qui ouvre la possibilité même d’un rapport humain hors-calcul.
À lire après l’Essai sur le don de Mauss, pour comprendre pourquoi Caillé considère le don comme un paradigme politique — pas juste un objet d’études anthropologiques.
De quoi ça parle
Le livre regroupe trois textes :
- Critique de Bourdieu — pourquoi la sociologie de l’intérêt rate ce qui fait tenir une société
- Relecture de la République de Platon — quand Socrate refuse de se laisser payer pour discuter
- Don, intérêt, désintéressement — discussion serrée avec Derrida sur la question : « un vrai don est-il possible ? »
C’est l’un des textes fondateurs du paradigme du don porté par la Revue du MAUSS depuis quarante ans.
Disponible chez Le Bord de l’eau (ré-édition 2014) ou en occasion (éditions La Découverte/MAUSS, 1994 et 2005).