Le M.A.U.S.S., le don et Pierre Bourdieu
Retour sur le cours de Bourdieu au Collège de France et son interprétation utilitariste du don. Bucaille reprend les critiques que le M.A.U.S.S. lui adresse, et pointe les divergences profondes entre sociologie et ethnologie.
Pourquoi cette ressource au LED
Pourquoi le MAUSS (le mouvement) s’est-il opposé à Pierre Bourdieu — qui était pourtant un sociologue critique, à gauche, militant ? Parce que sur la question du don, ils ne pouvaient pas s’entendre.
Pour Bourdieu, le don est une stratégie déguisée : on donne pour acquérir du capital symbolique, on accumule du prestige, on reconvertit ensuite. Pour le MAUSS (Caillé, Godbout, Chanial…), c’est rater entièrement ce qui se joue — et c’est, philosophiquement, retomber dans l’utilitarisme qu’on prétendait critiquer.
Ce texte de Richard Bucaille (paru en 2018 dans la Revue du MAUSS permanente) revient en détail sur ce désaccord, et constitue une bonne porte d’entrée dans le débat épistémologique entre sociologie bourdieusienne et anthropologie maussienne. Sec mais éclairant.
De quoi ça parle
L’auteur reprend le cours d’anthropologie économique que Bourdieu donna au Collège de France en 1992-1993, et confronte ses thèses à celles du MAUSS. Il s’interroge sur :
- La lecture utilitariste du don chez Bourdieu (et ses limites)
- Les divergences méthodologiques entre une sociologie qui démasque et une anthropologie qui décrit
- La question : est-ce que démontrer qu’un don sert aussi à quelque chose le réduit à n’être que ça ?
Disponible librement sur le Journal du MAUSS (revue en ligne).